Peut-on parler de développement durable sans s'intéresser au management durable ?

Article paru dans Interface le magazine des Directeurs Généraux – Mars 2010.

Conjuguons BIENVEILLANCE ET PERFORMANCE pour un management durable...

Pour un management durable,

Nous avons tous listé les actions qui dans nos villes pouvaient améliorer le sort de notre belle planète. Du pédibus au tri sélectif, nous avons progressivement revu nos comportements. Les politiques publiques volontaristes et ambitieuses de développement durable que nous avons mises en œuvre, s'évertuent ainsi à préserver les ressources naturelles dans un élan respectueux de la nature et de notre environnement.

Mais, nous ne pouvons pas nous concentrer seulement sur nos objectifs pour faire du développement durable. Nous ne pouvons pas impunément nous contenter de garder le cap dans la tempête sans tenir compte, tel un bon capitaine de navire, ni de la tempête, ni de notre équipage. Nous devons prendre en compte, avec une grande vigilance, les limites de nos ressources et plus particulièrement, de nos ressources humaines. C'est-à-dire, tenir compte des limites de tolérance de nos équipes.

Qu'en est-il pour autant, dans la logique des agendas 21, du respect des ressources humaines dans les organisations que nous manageons?

Sommes-nous en capacité de mettre en œuvre des politiques publiques ambitieuses, dans des délais record, sans toutefois compromettre les ambiances de travail ou le climat social dans les organisations que nous dirigeons?

Osons conjuguer Bienveillance et Performance :

C'est là, le défi qui nous est lancé :

Réussir à conjuguer Bienveillance et Performance car il me semble qu'il n'y a pas de développement durable sans management durable.

On croit malheureusement souvent que tenir compte des limites de tolérance des équipes, c'est perdre du temps et renoncer à l'efficacité. On peut croire aussi à tort que se mettre à l'écoute des revendications des uns ou des autres, c'est faire preuve de laxisme ou bien manquer d'autorité.

Mais là, nous nous trompons.

Sans une écoute intelligente et exigeante de nos équipes, nous risquons en effet de perdre de vue les valeurs qui doivent nous animer en tant que manager : le souci du bien-être des hommes et des femmes qui travaillent au quotidien au service de nos concitoyens. C'est pourquoi, le développement durable doit s'appuyer sur une dimension éthique du management faite de respect, d'écoute et de dialogue pour servir l'action et préserver l'intérêt général.

Il n'est donc pas question d'écouter les revendications pour s'y plier. Il n'est pas non plus question de les ignorer en considérant à priori qu'elles sont hors sujet. Car dans les deux cas, ni se soumettre ou ni se soustraire, aucune de ces deux attitudes, n'entrent pas dans le champ d'un management éthique et durable. Elles s'apparentent toutes deux au contraire à une vision court terme et minimaliste du management.

L'art du dialogue

Mais que cache exactement en terme de savoir-faire, ces concepts de management à la mode dont on finit par perdre de vue le sens à force de les associer à toutes sortes de démarches plus ou moins éthiques?

En fait, il s'agit là d'entendre les revendications comme un moyen pour nos équipes :

  • d'exprimer un mal-être,
  • de dire leur désarroi,
  • de clamer leur manque de reconnaissance,
  • de décrier un manque de respect,
  • de renouer un dialogue avec la hiérarchie

et sans doute avant tout,

  • de retrouver le sens des changements et la motivation à les mettre en œuvre.

Mettre en œuvre des politiques de développement durable suppose vraiment de savoir conduire le changement dans nos organisations sans entreprendre pour autant des révolutions meurtrières. Le souci de la performance même écologique ne devrait pas justifier des solutions malveillantes qui ne tiendraient pas compte des limites de tolérance de tous.

Il ne s'agira donc pas d'entendre les revendications dans une approche complaisante, ni dans une attitude de déni mais au contraire, d'utiliser ces revendications comme un prétexte au dialogue au service du respect de tous. Un dialogue qui aura pour ambition de déboucher sur des solutions innovantes, des modes opératoires créatifs et respectueux pour mettre en œuvre les politiques, et ainsi tenir le cap.

Une compétence subtile

Pour entrer dans une logique de management durable, nous devons donc déployer des qualités d'écoute, et de négociation pour communiquer avec bienveillance avec nos équipes sans pour autant renoncer à la performance.

Dès lors, il s'agira pour nous d'acquérir des compétences subtiles :

  • savoir dire non sans se fâcher,
  • écouter et communiquer avec bienveillance,
  • trouver un accord qui tienne compte des limites de tolérance de tous,

autrement dit, tenir compte des aléas et de l'équipage pour mieux garder le cap.

Déployons cet art subtil au quotidien :

l'art de conjuguer bienveillance et performance pour manager durablement !

Peut-on parler de développement durable sans s'intéresser au management durable ?

Publié dans PRESSE, INTERFACE

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